Pénurie de sable : les scientifiques tirent la sonnette d’alarme

Longtemps loin de l’attention de tous, le sable n’en reste pas moins une ressource qui n’est pas renouvelable. Malgré ça, le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui en consomme des quantités astronomiques dans le secteur industriel. Les scientifiques prennent conscience des enjeux et commencent à alerter : comme les hydrocarbures, la quantité de sable n’est pas infinie.

Du sable, pour quoi faire ?

Le constat est sans appel : les quantités de sable extraites dans le monde chaque année sont entre trois et cinq fois plus importantes que les quantités charriées par les rivières de toute notre planète.

L’urbanisation est l’une des causes de cette exploitation massive du sable qui est un composant fondamental de notre société. Voici un petit tour d’horizon de comment est utilisé le sable. Le béton c’est 75% de sable, les vitres 65% de sable fondu, les panneaux photovoltaïques et les circuits informatiques sont eux aussi essentiellement constitués de sable. La liste de produits contenant du sable est encore longue, on y retrouve par exemple les peintures, les lessives, le papier, les cosmétiques…

Mourad Saadi@mougrapher

Les infrastructures mises en places dans les pays d’Asie pour protéger les villes de la mousson, les îles artificielles construites dans les pays du Golfe à l’aide de centaines de millions de tonnes de sable sont encore d’autres causes d’utilisation du sable. A savoir que depuis 1950, Singapour s’est agrandi de 23% en empiétant sur la mer avec des tonnes de granulats.

Tous les sables ne se valent pas. En effet, un pays couvert de dunes de sable peut se voir obligé d’en importer. La raison ? La fabrication de certains matériaux comme le verre transparent nécessite du sable aux certaines propriétés qu’on ne trouve pas dans le sable du désert par exemple. Le sable « exploitable » est donc moins commun que ce que l’on pense.

La catastrophe environnementale

Le grain de sable parfait se trouve alors dans le lit des fleuves, les deltas et sur les rivages. Les cas de pillage ou de désastre environnemental sont nombreux.

Poyang, le plus grand lac d’eau douce de Chine est pillé de tout son sable ce qui entraîne des niveaux d’eau extrêmement bas en saison sèche.

Chantal@chantalkemp

Les cours d’eau sont aussi la cible. L’extraction de sable dans les fleuves endommagent les berges. Cela diminue le niveau des nappes phréatiques et modifie les crues. Les poissons sont donc eux aussi touchés.

Des dizaines de petites îles en Indonésie ont été rasées pour alimenter l’expansion de Singapour. Au Maroc le pillage illégal des plages est devenu monnaie courante et des pays comme l’Ecosse, la Nouvelle-Zélande ou le Japon tendent vers cette même voie.

Des plages entières disparaissent. Les conséquences ne sont pas seulement financières à cause du manque de tourisme, mais ces sont des eco-systemes tout entier qui sont déstabilisés.

L’espoir du recyclage

L’impact environnemental va prendre de l’ampleur puisque toutes les activités gourmandes en sable sont en pleine croissance. En France, il est illégal d’extraire le sable des plages ou des cours d’eau. Les exploitants doivent acquérir le sable sous la mer, bien au large des côtes.

Mais cela ne fait que déplacer le problème. En « grattant » le fond de la mer, la mortalité des espèces marines est très importantes. Les industriels produisent également du sable en broyant des roches à grands coups d’explosifs et d’aller-retour en camion.

Shot by Cerqueira @shotbycerqueira

Voilà pourquoi la question du recyclage est envisagée. Depuis 2012, un programme de recherche a été lancé, avec pour but de récupérer le sable des 17 millions de tonnes de béton démoli chaque années en France.

Le sable est une ressource de plus dont nous devons prendre soin.

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